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Guide du Nord Pas de Calais
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Les divers types de baux
On classe le plus souvent les baux en fonction de la destination
du bien loué. On distingue : baux d'habitation (et à usage
professionnel), baux commerciaux, baux ruraux. Le Code civil, dans
ses articles 1709 et suivants, définit les règles générales, dites
de " droit commun " et les obligations des parties au contrat.
Mais, après la Seconde Guerre mondiale, les trois catégories
principales de baux ont fait l'objet de statuts spécifiques.
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En
matière de baux d'habitation, après la loi du 1er septembre 1948, dont
relèvent encore certains locataires, se sont succédé la loi du 22 juin
1982 (loi Quillot), la loi du 22 décembre 1986 (loi Méhaignerie) et la
loi du 6 juillet 1989. Cette dernière affirme " le droit au logement "
et institue au profit du locataire un véritable droit de maintien dans
les lieux : il est impossible de le congédier sans motif. Désormais,
le propriétaire ne peut mettre fin au contrat de bail que s'il désire
vendre ou habiter le logement, ou s'il justifie d'un motif " légitime
et sérieux ".
Les baux commerciaux relèvent du décret du 30 septembre 1953 (modifié)
; les baux ruraux sont, quant à eux, régis par les articles 441-1 et
suivants du Code rural. L'un et l'autre types de baux protègent les
locataires ; ils leur garantissent le maintien dans les lieux et un
renouvellement du bail dans la mesure où les locataires respectent
leurs obligations relatives au paiement du loyer et à l'entretien des
lieux. (Dans le cas du bail commercial, à défaut de renouvellement du
bail, une indemnité d'éviction est versée par le propriétaire au
locataire).
Les avantages consentis aux différents types de locataires aboutissent
à une certaine atténuation du droit de propriété. Ainsi parle-t-on,
pour le locataire commercial, de " propriété commerciale ", ce qui
traduit le caractère durable de ses droits sur le local loué.
Divers autres critères de classement des baux retiennent la durée
(l'emphytéose est un bail de 18 à 99 ans, conclu moyennant une
redevance modique, avec obligation pour le preneur d'améliorer
l'immeuble sur lequel il dispose d'un droit réel) ou encore la nature
particulière de la chose louée ou des obligations des parties : bail à
cheptel, qui a pour objet un fonds de bétail à nourrir et soigner ;
bail à domaine congéable ; bail à complant (plantations de vignes). Le
bail à nourriture est celui par lequel une personne s'engage à
pourvoir à tous les besoins vitaux d'une autre (nourriture, logement,
entretien) moyennant une redevance payable à périodes fixes ou
l'aliénation d'un capital mobilier ou immobilier. Dans les années
1980, sont apparus de nouveaux contrats où le mot " bail " est
employé, mais qui sont des conventions hybrides relevant de lois
particulières : le bail à construction, comme la concession
immobilière, est un modèle inspiré par les soucis des urbanistes et
des constructeurs ; le crédit-bail immobilier est une forme
d'accession à la propriété à terme ; le crédit-bail mobilier est une
technique de location vente.
La forme du bail
Le bailleur a généralement l'obligation de délivrer au preneur la
chose louée en bon état, avec ses accessoires. Il doit entretenir
celle-ci et garantir le preneur des vices de la chose comme des
troubles de son fait ou de la part des tiers. Le bail est un contrat
synallagmatique - c'est-à-dire comportant obligation réciproque - à
titre onéreux et à exécution successive. Il n'est assujetti, quant à
sa validité, à aucune forme particulière. Parfait par le seul
consentement des parties, il peut être soit authentique (reçu par un
notaire), soit sous signatures privée, voire verbale. Son existence
est prouvée par écrit, et par témoins lorsqu'il y a eu commencement
d'exécution. Le bail prend fin par l'arrivée de son terme normal ou
par résolution, due principalement à l'inexécution des obligations des
parties ou à la perte de la chose louée.
Le bail commercial
Le commerçant, l'artisan ou l'industriel, qui exploite une entreprise
dont il est propriétaire dans des locaux loués, bénéficie d'une
protection particulière à l'égard du propriétaire des lieux : le
statut des baux commerciaux.
Pourquoi ? Parce que la loi veut protéger l'entrepreneur et son
entreprise, en assurant la sécurité de son bail. L'entrepreneur doit
pouvoir compter sur une adresse professionnelle ou commerciale stable
pendant une longue période. La fidélité de sa clientèle en dépend.
Cette protection spéciale est parfois appelée « propriété commerciale
», car le locataire a droit en principe au renouvellement du bail.
Pendant la durée du bail, au minimum de neuf ans, le locataire ne peut
pratiquement pas être mis à la porte, sauf cas exceptionnels et à
condition d'être indemnisé par le propriétaire. Quant au loyer, il
peut être révisé régulièrement mais dans le respect d'un plafond légal
interdisant des augmentations excessives.
De son côté, sauf clause contraire du bail, le locataire peut quitter
les lieux tous les trois ans. Il a le droit de céder son fonds de
commerce comprenant le droit au bail. Mais la « propriété commerciale
» ne retire pas au propriétaire le droit de récupérer son immeuble au
terme du bail ou à la fin d'une période de trois ans, dans des
circonstances précises toutefois, par exemple : construction,
reconstruction, habitation personnelle si les locaux comprennent un
logement, démolition, ou encore motif grave et légitime, tel que le
non paiement du loyer par le locataire. Dans ce dernier cas, un bail
notarié, contenant une clause résolutoire permettra une action rapide
et efficace. En dehors de ces cas, le locataire a droit, s'il remplit
les conditions nécessaires, au renouvellement de son bail pour la même
durée et moyennant un loyer soumis à un plafond. A défaut, il reçoit
en principe une indemnité représentant la valeur du fonds ou de son
droit au bail.
Certains baux commerciaux ne sont pas
soumis à ces règles spéciales mais seulement au code civil. Les
parties ont alors une plus grande liberté pour fixer le loyer et sa
révision, les conditions de cession du bail et la fin du bail. Il
s'agit par exemple des locations d'une durée inférieure à deux ans
(bail précaire), des locations saisonnières ou des locations de
terrain nu et inconstructible.
Les règles juridiques s'appliquant au bail commercial sont nombreuses
et complexes. Les exceptions sont multiples. Un contrat sur mesure
doit être établi et non un simple contrat-type. Pensez aussi aux
clauses relatives aux travaux, aux charges, à la répartition de la
taxe foncière. Propriétaire ou locataire, ne vous engagez pas à la
légère. Consultez le notaire, spécialiste de ces questions. Il vous
proposera la solution qui préservera au mieux vos intérêts.
Bail rural à long terme
Exploitants agricoles et propriétaires fonciers ont de nombreuses
raisons de choisir le bail rural à long terme, plutôt que le bail
ordinaire de 9 ans. Véritable entreprise, l'exploitation agricole peut
nécessiter un agrandissement ou une modernisation. Les charges
d'exploitation s'ajoutent aux charges foncières. Il est souvent
difficile d'acheter de la terre et d'équiper l'exploitation en
réalisant des investissements productifs. Il faut choisir.
A côté du faire valoir direct, le bail de longue durée peut décharger
efficacement l'exploitant agricole du poids du foncier. D'un commun
accord, un bail ordinaire de 9 ans peut toujours être transformé en
bail à long terme. La loi favorise le bail à long terme en donnant au
propriétaire et à l'exploitant des avantages et des compensations.
Du côté du locataire tout d'abord. D'une durée minimale de 18 ans
(avec droit au renouvellement par période de 9 ans), ou de 25 ans
(bail à long préavis), ou même encore conclu jusqu'à l'âge de la
retraite (bail de carrière), le bail à long terme offre à
l'agriculteur une stabilité comparable à celle procurée par la
propriété du sol. En plus du bail à ferme, du bail à métayage ou même
du bail à domaine congéable.
Pour le propriétaire, le bail à long terme offre un prix de fermage
supérieur à celui du bail ordinaire et des exonérations fiscales
attrayantes. Si le propriétaire veut donner ses biens, il bénéficie
d'une exonération partielle de droits de donation : les biens loués ne
sont soumis aux droits que pour le quart de leur valeur jusqu'à 76 000
euros et pour la moitié de leur valeur, au-delà. Deux ans doivent
s'écouler entre le bail et la donation si le locataire est le
bénéficiaire de la donation, son conjoint, un de ses descendants ou
une société contrôlée par une de ces personnes. Il est possible de
recommencer l'opération par acte notarié tous les dix ans en
bénéficiant à nouveau de cet avantage. La transmission par décès suit
le même régime mais bien entendu, aucun délai n'est exigé. Enfin, les
biens ruraux donnés à bail à long terme sont considérés comme des
biens professionnels pour la détermination de l'assiette de l'impôt de
solidarité sur la fortune. Sous certaines conditions, ceci peut
permettre une exonération totale ou partielle d'impôt sur la fortune
au titre des biens ruraux loués par bail à long terme. Que vous soyez
propriétaire ou exploitant, prenez contact avec votre notaire. Vous
étudierez avec lui l'intérêt du bail à long terme. Tous les aspects
juridiques, familiaux et fiscaux seront abordés. Des mesures
provisoires de faveur vous sont peut-être applicables. Renseignez-vous
sans tarder.
Le du bail notarié
Pour la rédaction et la signature des contrats, le droit français a
une particularité très enviée de beaucoup de pays en Europe et dans le
monde. En effet en France il existe deux formes de contrats : le
contrat sous seing privé, rédigé et signé directement entre des
particuliers et le contrat authentique rédigé et signé par un officier
public, le plus souvent le notaire. On parle alors d’un acte notarié.
Nommé par le Ministre de la Justice, mais exerçant dans le cadre d’une
entreprise libérale indépendante, le notaire est chargé d’une mission
de service public consistant à donner aux contrats que lui demandent
de rédiger ses clients, la force d’une décision de justice. Ainsi
quand un contrat (un bail par exemple) contient l’obligation de payer
une somme (par exemple un loyer), le notaire délivre à celui à qui la
somme est due (le propriétaire bailleur dans notre exemple) une copie
exécutoire lui permettant d’obtenir l’exécution forcée de l’engagement
du locataire, de la même manière que s’il s’agissait d’une décision de
justice. C’est pourquoi son rôle est particulièrement précieux au
moment de conclure un bail. Le contrat de location va ainsi pouvoir
être exécuté, dans toutes ses conditions, sans qu’il y ait besoin
d’une décision de justice. Le propriétaire à qui des loyers sont
impayés va transmettre sa copie exécutoire à l’huissier de justice de
son choix en vue des poursuites et du recouvrement. Tous les baux
devraient être rédigés par acte notarié dans l’intérêt tant du
bailleur qu du locataire, en effet leur sécurité respective sera
assurée. Il y va également de la sécurité du locataire qui bénéficiera
de toutes les garanties apportées par la compétence du notaire et par
l’acte authentique.
Avec l’acte authentique, le locataire ne risque pas de signer un bail
ne contenant pas toutes les garanties que lui offre la loi, il est
certain que les sommes qu’il a versées et celles qu’il s’engage à
verser seront exactes et incontestables par son propriétaire. De plus
chaque type de bail est aujourd’hui encadré par de nombreux textes
législatifs et réglementaires obligatoires. Certains manquements sont
sanctionnés pénalement et la responsabilité des propriétaires est de
plus en plus recherchée. Des questions de santé publique justifient
parfois ces mises en cause. Les choses peuvent mal tourner si une
obligation essentielle a été omise par le propriétaire. Etes-vous
certains de bien connaître toutes les règles obligatoires en matière
de location de logement : notion de logement décent, de superficie et
de volume minimum, de plomb, d’amiante, etc ? Etes-vous certains de
bien connaître le statut des baux commerciaux : durée, droit de donner
congé, fixation et révision du loyer, contrôle de la cession du bail ?
Etes-vous certains de bien connaître le statut du fermage : montant
des loyers, obligations du preneur, état des lieux, droit au
renouvellement, etc ? Etes-vous certains de bien connaître le régime
juridique du bail professionnel : durée, préavis du locataire, etc ?
Au moment de signer un bail, qu’il soit d’habitation, commercial,
rural, professionnel, de courte ou de longue durée, que le loyer soit
modeste ou élevé, pensez toujours à l’acte authentique. En
conséquence, consultez votre notaire avant de vous engager dans le
labyrinthe juridico-fiscal.
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