faire un cuiseur solaire

Alors qu'on nous promet un monde hyper-connecté avec la 5G, l'intelligence artificielle et l'Internet des objets, l'engouement pour un mode de vie off-the-grid (hors réseau) prend peu à peu de l'ampleur dans la population. Comble de l'ironie, c'est grâce au Web que de nombreux internautes diffuses en masse des tutoriels pour construire des appareils de basse technologie. Gros plan sur une tendance qui passe complètement sous les radars.

La basse technologie, un sujet viral

60 500. C'est le nombre de fois que la requête "panneaux solaires" est saisie chaque mois dans les moteurs de recherche en France, selon Ubersuggest, un générateur de mots-clés bien connu des analystes du Web. À titre de comparaison, les requêtes pour le terme "5G" s'élèvent seulement à 14 800. Ça reste significatif, mais bien inférieur, surtout pour une technologie qui doit révolutionner notre façon de communiquer. Autres indicateurs, sur Youtube, certaines vidéos consacrées à la construction de rocket stove atteignent plus d'un million de vues et les groupes parlant construction de meubles en bois de palettes font le plein sur Facebook. À ce stage, ce sujet n'intéresse pas que quelques écologistes radicaux, mais une frange plus large de la population. Autrement dit, même monsieur Tout-le-Monde s'intéressent au low-tech.

Que signifie la basse technologie ?

Ce concept s'est construit en opposition au high-tech, à savoir les technologies de pointe. Aujourd'hui, elles désignent par exemple l'intelligence artificielle (IA), la 5G ou l'Internet des objets. Ce sont des techniques extrêmement efficientes, mais qui ont un impact environnemental lourd. En effet, la 5G aura besoin d'un réseau de télécommunication très dense pour fonctionner, sans parler de l'approvisionnement en électricité. À l'inverse, la basse technologie regroupe un ensemble d'appareils plus prosaïques et plus respectueux de l'environnement. C'est le cas des panneaux photovoltaïques, des cuiseurs solaires, des systèmes de phytoépuration, des poêles de masse, etc. Tous ces procédés sacrifient la performance à la sobriété énergétique et fonctionne souvent off-the-grid, c'est-à-dire hors réseau.

Analyse de ce phénomène

Il est particulièrement étrange que la basse technologie suscite autant d'intérêt à l'heure où la maison connectée, grâce à l'Internet de objets, doit répondre à tous nos besoins d'un simple clic. En effet, personne, semble-t-il, n'a envie de s'éclairer à nouveau à la bougie, mais une part importante de la population se détourne du tout-technologique. Beaucoup de gens réalisent la dépendance dans laquelle ils sont déjà vis-à-vis de leur smartphone et regarde la révolution numérique à venir avec une certaine méfiance. Un four solaire ne sera jamais aussi efficace qu'une cuisinière électrique, connectée qui plus est, et les panneaux solaires permettent rarement d'être totalement autonome en électricité. Mais ces appareils d'appoint, qui fonctionnent hors réseau, permettent de conserver une certaine autonomie face à des services dématérialisés dont on ne comprend pas toujours les intentions, notamment depuis l'exploitation commerciale des données personnelles.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

2 + dix-sept =

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.