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Assurance
n. f. Organisation d'une solidarité entre les hommes pour faire face
aux risques auxquels ils sont exposés.
Le monde moderne a multiplié ces risques, accordant à l'assurance
une place croissante dans la vie des personnes et des entreprises.
Mais les assureurs doivent connaître et prévoir l'ampleur et la
fréquence des risques qu'ils couvrent. Aussi les progrès des
sciences mathématique et statistique les ont-ils beaucoup aidés. Par
exemple, les statistiques sur le nombre des vols par rapport au
nombre des assurés et sur le montant moyen de ces vols suffisent
àétablir une tarification. Ainsi se dessine le principe de la
compensation des risques : un grand nombre de personnes, exposées au
même risque, versent une certaine somme (la prime), calculée en
fonction du nombre d'assurés appelés àêtre indemnisés et du montant
moyen de cette indemnisation.
Histoire
L'assistance, ancêtre de l'assurance, est très ancienne. Le Talmud
en fait mention et note que les animaux morts en caravane ou les
bateaux coulés sont remplacés " à frais communs ". L'assistance
apparaît aussi dans les institutions grecques, où les vieillards
sont entretenus par l'État. La première assurance est l'assurance
maritime dont l'empereur Claude est le précurseur. Elle prend à son
compte les pertes dues aux tempêtes, pour permettre, en toutes
saisons, le ravitaillement de Rome en blé. Il faut attendre le XVIe
siècle pour que soit créée l'assurance maritime sous sa forme
actuelle, et ce n'est qu'en 1667 que naît à Londres la première
compagnie d'assurances contre l'incendie, un an après un terrible
sinistre qui avait partiellement ravagé la capitale de l'Angleterre.
En France, c'est Colbert qui, en publiant la fameuse " Ordonnance du
commerce ", (1673), dote le pays d'une réglementation en matière
d'assurance, dont va s'inspirer l'Europe entière. Ce texte sera
appliqué en France... jusqu'en 1967 ! Mais ce n'est qu'en 1976
qu'est publié le premier Code français des assurances. Cet ouvrage
regroupe toute la réglementation concernant cette branche
d'activité, et notamment la loi du 13 juillet 1930 régissant les
assurances terrestres.
En Belgique, les opérations d'assurances sont régies par la loi du 9
juillet 1975 et, en Suisse, par les lois fédérales des 25 juin 1885,
4 février 1919 et 25 juin 1930.
À côté de l'assurance s'est développé le secteur de l'assistance aux
personnes en difficulté au cours de leurs déplacements, dont les
garanties sont souvent délivrées par des entreprises distinctes des
compagnies d'assurances.
Il ne faut pas non plus confondre les assurances souscrites auprès
des compagnies d'assurances ou des mutuelles et les assurances
sociales qui relèvent de la Sécurité sociale, dont le fondement
juridique et les mécanismes sont totalement différents.
En France, en 1994, le marché global de l'assurance est évaluéà près
de 700 milliards de francs. Il occupe la cinquième place dans le
monde.
Pour un volume de primes de 665,4 milliards de francs, les sociétés
d'assurances ont attribué 676,2 milliards d'indemnités aux assurés.
Un individu isolé ne peut généralement supporter les conséquences
financières des accidents dont il est victime ou responsable. Aussi
est-il titulaire, le plus souvent, d'un ou de plusieurs contrats
d'assurance.
L'assurance automobile
Les garanties
L'assurance de responsabilité civile automobile (assurance aux
tiers) est obligatoire. Elle permet l'indemnisation des victimes par
l'assureur de l'automobiliste responsable.
Les membres de la famille du conducteur ou de l'assuré sont
considérés comme des tiers et indemnisés par cette garantie.
Le sont aussi, lorsqu'ils ne conduisent pas, le souscripteur du
contrat, le propriétaire de la voiture, et les représentants légaux
de la personne morale propriétaire du véhicule. Enfin, l'assurance
aux tiers couvre également la responsabilité de toute personne ayant
la garde ou la conduite, même non autorisée, du véhicule, à
l'exception des professionnels de la réparation, de la vente et du
contrôle de l'automobile, ainsi que la responsabilité civile des
passagers du véhicule assuré.
Toutefois, en cas de vol d'un véhicule, ces contrats ne couvrent pas
la réparation des dommages causés par les auteurs, co-auteurs ou
complices du vol.
Il existe d'autres garanties facultatives : l'assurance dommages
(souscrite par un automobiliste sur deux) couvre les dégâts causés
au véhicule ; la défense-recours permet à l'intéressé d'être
représenté par son assureur, au besoin devant les tribunaux, soit
pour y assumer sa défense, soit pour obtenir du responsable le
montant de son préjudice. Les garanties vol, incendie, bris de
glaces sont également très courantes.
Dans le but d'accélérer le règlement des sinistres, les assureurs
ont mis au point des conventions permettant, grâce à l'utilisation
du constat amiable, de régler la grande majorité des accidents en
moins de deux mois.
Les tarifications
La tarification des primes d'assurance varie en fonction du
véhicule, de la fonction choisie par l'assuré, de la zone
géographique, de l'utilisation du véhicule (promenade ou
professionnelle) et de la personne du conducteur.
Le montant des primes varie également en fonction du bonus ou du
malus dont bénéficie l'assuré, le rabais possible pouvant atteindre
50 % après 13 années sans sinistre. La clause bonus-malus est une
clause type obligatoire pour tout véhicule terrestre à moteur, sauf
pour les véhicules de moins de 81 cm3.
Depuis le 1er janvier 1986, trois nouvelles mesures sont entrées en
vigueur pour le calcul des primes d'assurance automobile :
la surprime maximale imposée aux conducteurs novices ne peut
dépasser 140 % de la prime de base (contre 150 % auparavant). Les
pouvoirs publics avaient déjà institué un plafond, en juillet 1983,
afin d'alléger la charge financière de cette catégorie de
conducteurs (assurés depuis moins de trois ans) ;
les surprimes catastrophes naturelles ont été réduites. Jusqu'à la
fin de 1985, les automobilistes payaient une surprime de 9 %,
calculée sur la cotisation de la garantie vol et incendie du
véhicule, ou une surprime de 0,8 % sur la cotisation de la garantie
dommages. Depuis le 1er janvier 1986, ces surprimes ont été
respectivement ramenées à 6 % et 0,5 %. Le nombre peu élevé des
sinistres déclarés au titre de la garantie catastrophes naturelles
explique cette décision ;
en revanche, la contribution des assurés au Fonds de garantie (FGA)
est en hausse. Il faut savoir que tous les automobilistes
participent au financement du FGA, organisme chargé d'indemniser les
victimes de la route lorsque le responsable est soit inconnu, soit
non assuré. Cette contribution s'élève aujourd'hui à 1,9 % du
montant de la prime de responsabilité civile (assurance au tiers),
contre 1,4 % auparavant. Cette mesure vise à compenser le déficit du
FGA, déficit occasionné, en partie, par l'augmentation du nombre des
conducteurs qui circulent sans assurance.
Depuis le 1er juillet 1986, il est toutefois devenu obligatoire
d'apposer son certificat d'assurance (la vignette assurance) en bas
et à droite du pare-brise de sa voiture ou sur le garde-boue de son
deux-roues à moteur.
Les contrevenants risquent de se voir infliger une amende de 250 à
600 francs. Cette disposition a été instaurée par les pouvoirs
publics pour réduire le nombre de ceux qui circulent sans assurance.
Les assurances de l'habitation
En France, 90 % environ des chefs de famille ont souscrit une
assurance contre l'incendie. Plus de la moitié d'entre eux est
titulaire d'un contrat multirisque. La plupart des contrats
permettent d'assurer une protection globale du patrimoine familial
et présentent l'avantage de regrouper des garanties concernant
l'incendie, le vol, les dégâts des eaux, la responsabilité civile
familiale. Ce sont les contrats multirisque-habitation.
L'assurance de responsabilité civile familiale prend en charge les
accidents causés aux tiers par l'assuré lui-même, les personnes qui
vivent sous son toit (conjoint, enfants, domestiques), les animaux
et les objets dont il a la garde. De tels contrats correspondent aux
besoins et aux activités de la majorité des Français. Toutefois, ils
comportent certaines exclusions, tels les sports dangereux, qui
peuvent faire l'objet d'une extension de garantie.
Assurance-vie et assurance-décès
Il faut distinguer l'assurance-décès (" en cas de décès "), qui
entraîne le versement d'un capital ou d'une rente au bénéficiaire de
la police à la suite du décès de l'assuré, de l'assurance-vie (" en
cas de vie ") qui permet à l'assuré d'obtenir, à un âge déterminé,
le versement d'un capital ou d'une rente.
Ce dernier type d'assurance est avant tout un produit d'épargne, qui
connaît un succès croissant depuis la fin des années 1980.
En 1995, l'assurance-vie a absorbé plus de 60 % des nouveaux
placements financiers des ménages, et a représenté un chiffre
d'affaires de 359,1 milliards de francs.
Aujourd'hui, 45 % des ménages possèdent un contrat d'assurance-vie
(cette proportion dépasse 50 % pour les travailleurs non salariés).
Le succès de l'assurance-vie s'explique avant tout par l'inquiétude
croissante vis-à-vis des systèmes de retraite, mais aussi par la
fiscalité. En effet, les sommes épargnées sur un contrat
d'assurance-vie sont exonérées d'impôt au bout de huit ans de
détention ; en cas de décès du souscripteur, le bénéficiaire désigné
(parent proche ou non) échappe à tout droit de succession sur les
sommes transmises (sous réserve que l'assuré soit âgé de moins de 70
ans au moment de la souscription du contrat et seulement pour les
primes versées avant son soixante-dixième anniversaire).
Depuis le début de l'année 1986, les titulaires d'un contrat
d'assurance-vie et de capitalisation ont pu faire jouer de nouveaux
droits (loi du 11 juin 1985 complétée par la loi du 16 juillet
1992). En voici les principales dispositions pratiques.
Délai de réflexion et de renonciation.
Dans tous les cas - même si le contrat est proposéà domicile - le
contractant dispose d'un délai de trente jours, à compter du premier
versement, pour renoncer à son projet. L'assureur doit lui remettre
un modèle de lettre type de renonciation, ainsi qu'une note sur les
dispositions essentielles du contrat (ou un spécimen des conditions
générales). Il doit également indiquer, pour les contrats qui
comportent de telles clauses, les valeurs de rachat des huit
premières années au moins, ainsi que le sort de la garantie décès en
cas de renonciation.
Remboursement des sommes versées.
Si le contractant a choisi de renoncer, il doit le faire savoir à
son assureur par lettre recommandée. Ce dernier devra alors
rembourser à l'intéressé, trente jours au plus tard après avoir reçu
ce courrier, la totalité des sommes versées ; à défaut, il lui devra
des intérêts au taux légal majorés de moitié durant deux mois, puis
de 100 % à l'expiration de ce délai. Il est à noter que l'assureur
ne peut en aucun cas conserver la partie de prime correspondant à la
garantie décès.
Information en cours de contrat.
Chaque année, l'assureur doit communiquer à l'assuré non seulement
la valeur de rachat et de réduction, mais aussi le montant des
capitaux garantis et de la prime du contrat, compte tenu des
participations aux bénéfices attribuées à titre définitif.
Rachat.
Il est désormais possible de racheter son contrat ou d'en faire
réduire les garanties, à la condition d'avoir déjà versé 15 % des
primes. Dans les deux mois suivant la demande, l'assureur devra
verser le montant de la valeur de rachat du contrat vie ou
capitalisation ; en cas de retard, il supportera les mêmes pénalités
que celles prévues au délai de renonciation.
Les tarifs de l'assurance-vie et des rentes viagères sont établis en
fonction de calculs très complexes (calcul de probabilité, tables de
mortalité, etc.). C'est d'abord en Hollande et en Angleterre, au
cours du XVIIe siècle, que se répandit la technique actuarielle. Les
actuaires sont chargés d'élaborer les formules mathématiques et les
barèmes préétablis qui servent de base aux calculs des tarifs
d'assurance-vie.
Une solidarité internationale
Aucune société d'assurances ne pouvant garantir des sinistres aussi
importants que la destruction d'un avion ou d'un immeuble de bureaux
(comme le siège social du Crédit Lyonnais, détruit par le feu en
1996), la coassurance est la technique par laquelle plusieurs
sociétés garantissent un risque par un même contrat, mais sans
solidarité entre elles. Ainsi, une usine est assurée contre
l'incendie par trois assureurs, qui, au regard d'un certain capital,
prennent respectivement à leur charge 50 %, 30 % et 20 % du risque.
À la différence de la coassurance, la réassurance ne requiert pas le
consentement de l'assuré. L'assureur, seul responsable à l'égard de
ses clients pour les risques qu'il a acceptés, se garantit à son
tour auprès d'un réassureur pour une partie plus ou moins importante
de ces risques. C'est par la réassurance que les assureurs font
appel au marché international.
La Lloyd's de Londres est certainement la société de réassurance la
plus ancienne et la plus connue. Elle fonctionne selon une structure
originale : les 22 500 membres ou names sont des particuliers
regroupés dans des syndicats de souscription qui garantissent et
couvrent les risques souscrits en leur nom, sur tous leurs biens.
À la suite d'une succession de sinistres très lourds, la Lloyd's a
subi des pertes importantes.
Une triple vocation
La vocation première de l'assurance est de réparer les dommages.
Mais elle est aussi créatrice d'épargne, et son action s'accroît
sans cesse dans le domaine de la prévention.
Pour répondre aux engagements pris vis-à-vis de leurs assurés, les
compagnies d'assurances sont légalement tenues d'effectuer des
placements (immeubles, obligations, actions cotées). Elles font
partie des investisseurs institutionnels.
Le montant de ces placements, à l'origine d'une importante épargne,
utile à la collectivité, s'élevait à 2 134 milliards de francs en
1994. Mais avec l'effondrement des marchés boursiers et obligataires
et la persistance de la crise de l'immobilier, les grands groupes
d'assurances ont enregistré un recul très important de leurs
plus-values latentes.
La prévention fait également partie intégrante de l'activité des
assureurs. Leur action dans ce secteur s'exerce dans toutes les
branches : incendie (création du Centre national de prévention et de
protection) ; vol (des comités techniques d'assureurs donnent leur
agrément aux installations d'alarme, aux matériaux de construction,
etc.) ; automobile (Prévention routière, incitation à la prudence
par l'application du bonus-malus).
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