Ouverture des droits à la Sécurité sociale
L'assurance maladie du régime général de la Sécurité sociale comprend
le remboursement des soins (prestations en nature) et le versement
d'indemnités journalières (prestations en espèces).Ne sera traité dans
cette question que le droit au remboursement des soins médicaux, les
prestations en espèces l'étant par ailleurs. Ainsi, pour les conditions
d'obtention du versement des indemnités journalières, il faut se reporter
à cette question.
Attention : Les prestations en nature de l'assurance maladie
sont incessibles et insaisissables.
Qui a droit au remboursement des soins médicaux ?
Toute personne affiliée au régime général de la Sécurité sociale a
droit au remboursement des frais médicaux :
- pour elle-même ;
- et pour les ayants droit.
Il existe en fait diverses catégories de personnes qui peuvent
bénéficier de ce remboursement (voir ci-dessous).
Salariés
Ouverture des droits
Le droit au remboursement varie selon la durée de l'activité
salariée. Il est ouvert :
- pendant 2 ans, suivant la période de cotisation, si le salarié
justifie :
- soit d'un salaire, au titre d'une année civile, au moins égal à
2 030 fois le SMIC horaire (au premier janvier de l'année civile) ;
- soit d'au moins 1 200 heures de travail salarié ou de périodes
assimilées (maladies, chômage...) pendant cette même année ;
- pendant 1 an, si le salarié justifie :
- soit d'un salaire au moins égal à 60 fois le SMIC horaire
(valeur au premier jour de la période de référence), au cours d'un
mois civil ou 30 jours consécutifs (ou 120 fois le SMIC horaire sur
3 mois) ;
- soit d'au moins 60 heures de travail au cours de cette même
période (ou 120 heures de travail sur 3 mois).
Pour les salariés nouvellement assurés, la condition d'un minimum
de cotisations ou d'heures de travail exigée ne s'applique pas pendant
les 3 premiers mois, à compter de la date de leur entrée dans le
régime.
Sont assimilées à des périodes de travail salarié les périodes de
congés payés ainsi que les périodes correspondant à l'indemnité de
préavis et à certaines périodes durant lesquelles l'assuré ne
travaille pas (chômage partiel, chômage intempéries, maladies,
accidents du travail...).
A noter : il existe des règles particulières d'ouverture des
droits pour certaines professions : VRP, assistante maternelle,
journaliste pigiste, concierge, travailleur à domicile notamment.
Maintien des droits
Tout assuré qui cesse de remplir les conditions énumérées ci-dessus
bénéficie du maintien de ses droits pendant une période de 12 mois à
partir de la date à laquelle les conditions ne sont plus remplies.
Ainsi, une personne n'ayant travaillé qu'un mois sera couverte dès
qu'elle a totalisé 60 heures et jusqu'au 12ème mois suivant l'arrêt de
travail. Il suffit donc d'exercer une activité salariée 1 mois tous les
12 mois pour bénéficier du remboursement de soins de façon permanente !
Chômeurs
- Ils sont indemnisés par les ASSEDIC après la perte de leur emploi
: ils touchent les mêmes prestations que lorsqu'ils travaillaient.
- Ils touchent une allocation d'insertion : ils bénéficient
seulement du remboursement des soins.
- Ils ne sont plus indemnisés : ils conservent la protection sociale
pendant 4 ans après leur perte de qualité d'assuré.
- Ils ne sont pas indemnisés : ils conservent la protection sociale
pendant 4 ans après leur perte de qualité d'assuré.
- Ils créent une entreprise : il est possible de bénéficier des
mêmes prestations que celles servies par le régime de sécurité
sociale, avant la période de chômage, et ce pendant 12 mois. Il suffit
de le demander à sa caisse. Ils sont exonérés des cotisations
d'assurances sociales pendant cette période.
Préretraités et retraités
Toutes les personnes en préretraite ou touchant une pension de
vieillesse de base sont affiliées de plein droit et bénéficient du
remboursement des soins.
Jeunes
Ouverture des droits
- Dès qu'ils ne sont plus considérés comme ayants droit d'un assuré
social, ils peuvent être affiliés au régime étudiant de la Sécurité
Sociale, en payant une cotisation annuelle forfaitaire (1 100 F pour
l'année 2000/2001), à condition :
- d'être inscrits dans un établissement d'enseignement supérieur ;
- d'être de nationalité française ou ressortissant d'un État ayant
passé une convention avec la France ;
- d'avoir moins de 28 ans en règle générale. Cette limite est
reportée, de 1 à 4 ans, pour les études spécialisées (médecine
notamment), l'interruption due au service national, la maternité ou
maladie pendant au moins 6 mois...
A noter :
Certains étudiants doivent adhérer au régime étudiant dès l'âge de 18
ans, lorsque leurs parents ne relèvent pas du régime général de la
Sécurité sociale (agriculteurs et professions libérales par exemple).
- Les jeunes demandeurs d'emploi n'ayant jamais travaillé et n'ayant
pas droit à l'allocation d'insertion, les jeunes de moins de 27 ans
sans activités scolaire ou professionnelle doivent demander la CMU
s'ils ne sont pas ayants droit.
Durée des droits
Les droits sont maintenus pendant les 4 ans qui suivent la fin de
la période d'affiliation au régime étudiant (fin des études,
abandon...).
Jeunes effectuant leur service national
Personnes divorcées ou veuves d'un assuré social
Les ayants droit de l'assuré décédé et les personnes divorcées ayant
ou ayant eu à leur charge au moins trois enfants, sont affiliés
obligatoirement et de manière permanente au régime général de la
Sécurité sociale pour le remboursement des soins médicaux des assurances
maladie et maternité. Les cotisations sont à la charge des caisses
d'allocations familiales.
Ressortissants de l'Union européenne
Pour être affiliés à un régime obligatoire de sécurité sociale, les
ressortissants de l'Union européenne doivent produire tous documents
prouvant leur qualité de travailleur ressortissant d'un État membre de
l'Union européenne exerçant ou ayant exercé en France une activité
professionnelle.
Affiliation gratuite
Certaines catégories de personnes bénéficient de plein droit des
remboursements des soins médicaux, sans avoir à remplir les conditions
habituelles. Sont notamment concernées, les bénéficiaires de :
- l'allocation adultes handicapés ;
- l'allocation aux vieux travailleurs salariés ;
- l'allocation aux mères de famille ;
- l'allocation de parent isolé ;
- d'une pension de retraite de base de la Sécurité sociale, d'une
pension de réversion ;
- d'une pension de veuve de guerre ;
- d'une pension d'invalidité ou de veuf d'invalide ;
- d'une allocation ou d'une rente d'accident du travail
correspondant à une incapacité de travail des deux tiers, au minimum ;
- les rapatriés anciens salariés de plus de 60 ans ;
- les bénéficiaires de l'allocation parentale d'éducation, d'un
congé parental ;
- les bénéficiaires du complément familial ;
- les bénéficiaires d'un congé création d'entreprise ou d'un congé
sabbatique.
Bon à savoir
Pour connaître le taux des cotisations à la sécurité sociale, voir
Charges sociales : taux des cotisations.
C. séc. soc. : Art. L. 161-3 et s. ; R. 313-1 et s. ;
Loi du 29/7/1998.
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