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Forme de bande dessinée et de cinéma d'animation née au Japon, qui connaît un grand succès international, notamment en France. Le terme ‹ manga › s'applique également à des caricatures de presse et à des dessins animés télévisés. L'impact des films d'animation et des séries télé est entretenu par les produits dérivés, qui vont du porte-clés au papier peint, en passant par les CD-Rom et les jeux vidéo.

Les mangas ont souvent mauvaise réputation car on les assimile à la violence et au sexe. Ils ne se limitent pourtant pas à cela. Dans leur pays d'origine, ils offrent un tel choix de thèmes qu'ils font partie de la vie de millions de Japonais de tous âges et de toutes conditions sociales.

Une composante essentielle de la culture japonaise

Le manga (qui signifie littéralement ‹ image dérisoire ›) trouve ses origines dans des formes narratives très anciennes. Créés au Xe siècle par le moine Toba Sojo, les Tobayohe sont des dessins satiriques qui mettent en scène des animaux à la manière des Fables de La Fontaine. Au XIIe siècle, les Chinois introduisent les Emakimono dans la culture nipponne. Ils se présentent sous la forme de rouleaux de grande longueur contenant textes et dessins, et décrivent des scènes de la vie quotidienne, selon un découpage quasi cinématographique.

Cinq siècles plus tard, au XVIIe siècle, émergent des œuvres divertissantes et très populaires, des estampes humoristiques appelées Ukiyohe. C'est vers 1814 que le célèbre peintre et graveur Katsushika Hokusai crée le terme ‹ manga ›. Près d'un siècle plus tard, l'éditeur nippon Kodensha se lance dans la publication du premier magazine sur les mangas, Shônen Jump.

Jusqu'en 1930, le manga n'évolue pas. Il se présente sous la forme d'histoires courtes en quatre cases (strips). La Seconde Guerre mondiale et les deux bombes atomiques de Nagasaki et de Hiroshima ouvrent une nouvelle ère dans le domaine du manga.

Cette révolution est due au ‹ mangaka › (dessinateur de mangas) Osamu Tezuka. Dès 1946, il crée la Nouvelle Île aux trésors, Astro Boy (connu sous le nom d'‹ Astro le petit robot ›), Jungle Tateï (le Roi Léo) ou encore Black Jack. Ce maître du manga touche à tous les styles et à tous les thèmes, et la griffe tezukienne influence toujours les créateurs. Ses personnages, aux grands yeux si caractéristiques, portent la marque de l'admiration de Tezuka pour le dessin animéBambi, de Walt Disney. Dans les années 1960, ce sont les mangas qui donnent naissance à l'industrie japonaise du dessin animé.

En 1982, Katsuhiro Otomo crée Akira, qui va imposer les mangas pour adultes. Les héros de cette société post-apocalyptique touchent les lecteurs français en 1990, sonnant l'avènement d'un nouveau type de manga, et annonçant le retour en grâce des dessins animés japonais avec Princesse Mononoke ou Mon voisin Totoro d'Hayao Myazaki.

Les types de mangas

Au Japon, le manga est un véritable phénomène de société. Les sujets les plus récurrents sont liés à des angoisses très spécifiques à la société nipponne. De la période d'Edo (XVIIe-XIXe siècle) subsistent des valeurs morales : obéissance, loyauté, prégnance des liens filiaux. L'être était défini par son appartenance à un groupe, à un modèle social imposé.

Dans les mangas, les héros se trouvent généralement en rupture avec la société. Toutefois, même s'ils ont rejeté les traditions, celles-ci imprègnent leurs attitudes et leurs actes. Les valeurs morales atteignant toutes les strates sociales, à travers l'éducation notamment, les personnages de mangas en sont le reflet, tout en cherchant à se dépasser.

Le Yon-Koma paraît dans les quotidiens, c'est un strip (série d'histoires en quatre cases) raillant l'actualité, tandis que le Sarîman parodie la vie des employés de bureau. Destiné aux filles, le Shôjo manga développe des récits romantiques aux décors épurés. Les plus connus en Europe sont Candy, Georgie, Saïlor Moon et Ranma 1/2.

Le Shônen, quant à lui, s'adresse aux garçons, et aborde des thèmes sportifs comme Tough de Tetsuya Saruwatari ou policiers tel Cobra de Buichi Terasawa.

Le manga de science-fiction, très prisé par les lecteurs japonais et français, se situe généralement dans un futur proche et a pour cadre de grandes villes nipponnes, surpeuplées. L'idée d'apocalypse, très présente dans l'esprit des Japonais, est une résurgence des croyances religieuses liées aux manifestations des esprits et des forces de la nature. Elle est entretenue par l'instabilité du sol japonais et par un passé traumatisant. Les robots géants occupent également une place prépondérante. Les précurseurs du genre sont Go Nagaï, avec son célèbre UFO Robot Goldorak, et Leiji Matsumoto, créateur d'Albator.

Né dans les années 1980, le cyber-punk est une émanation directe de la science-fiction. Maîtres absolus dans ce domaine : Masumune Shirow (Apple Seed, Ghost in the Shell) et Yukito Kishiro (Gunnm, Aisha).

 

 

Toujours un peu de patience au téléchargement !