LE RÔLE DU CHOLESTÉROL
Le cholestérol joue un rôle indispensable dans l'organisme : il
intervient dans la fabrication des hormones et de la bile, ainsi que
dans le transport des graisses à l'intérieur de l'organisme. La
majeure partie du cholestérol est synthétisée par le foie, qui le
fabrique à partir d'un grand nombre d'aliments. Une petite partie du
cholestérol est issue directement de l'alimentation, en particulier
des œufs et produits laitiers.
Le taux sanguin du cholestérol est influencé par l'hérédité, le
régime alimentaire et certaines maladies, à l'instar du diabète. Il
est certain qu'il y a une corrélation entre le taux de cholestérol
sanguin et le risque d'accident vasculaire. Cependant, les analyses
vont plus loin, car il existe plusieurs types de cholestérol.
BON ET MAUVAIS CHOLESTÉROL
On distingue en effet, le " bon cholestérol ", sous forme de
lipoprotéines " haute densité " (HDL ou High density lipoproteins) qui
ne présenteraient aucun inconvénient, et le " mauvais cholestérol ",
ou lipoprotéines de faible densité (LDL ou Low density lipoproteins)
ou même de très faible densité (VLDL ou Very low density lipoproteins)
qui seraient des graisses à haut risque pour les artères.
Dans certaines maladies héréditaires, où l'on trouve une
hyperlipémie, les patients présentent un taux anormalement élevé de
LDL et peuvent développer très tôt une insuffisance coronarienne ou un
accident vasculaire cérébral.
On estime que le taux normal de cholestérol dans le sang est
inférieur à 2 grammes par litre, que l'on répartit entre le HDL, au
taux normal de 0,4 grammes par litre, et le LDL dont le taux normal
est de 1,3 .
QUE FAIRE CONTRE LE CHOLESTÉROL ?
Le grand problème posé par le cholestérol est de savoir à partir de
quel taux il faut le traiter, et surtout comment procéder. Les
opinions divergent, mais, d'une façon générale, l'on estime que le
taux global de cholestérol ne doit pas dépasser 2 grammes par litre
(un peu moins chez l'adulte jeune et un peu plus chez les personnes
âgées).
L'attitude la plus sensée est de suivre un régime alimentaire, en
supprimant ou en diminuant les graisses animales de l'alimentation
(viandes grasses, produits laitiers, œufs), lorsque le taux de
cholestérol est compris entre 2 et 2,4 grammes par litre, et de
proposer un traitement médicamenteux lorsqu'il est supérieur. Mais il
faut savoir que si le régime est essentiel, en particulier chez les
diabétiques, il n'a en fait que peu d'importance sur le taux sanguin
de cholestérol. Un traitement médical et un régime bien conduit
permettent dans la majorité des cas de faire baisser le taux de
cholestérol et de lipides sanguins, et, selon les études statistiques
réalisées, de diminuer en partie le taux de mortalité
cardio-vasculaire.
Si vous êtes trop gros, le seul régime de restriction suffira à
normaliser votre taux de cholestérol, à condition que celui-ci ne soit
pas trop élevé.
Si vous avez un poids normal,il est inutile de restreindre votre
consommation. Contentez-vous de remplacer une bonne part des graisses
animales de votre alimentation par des graisses végétales, que vous
éviterez de faire cuire. Pour faire baisser votre taux de cholestérol
de 15%, il est nécessaire de supprimer les viandes grasses : porc,
mouton, tous les morceaux de gras de la viande ainsi que la
charcuterie.(hormis le jambon maigre). Supprimez le jaune d'œuf, le
lait entier ou demi écrémé, le chocolat, les pâtisseries, le beurre.
Sont à proscrire de toute urgence les frites et les chips ( sans
supprimer les pommes de terre, qui peuvent être cuisinées de bien
d'autres façons).
LE CHOLESTÉROL ET LES MORTS VIOLENTES
Le cholestérol est encore loin d'avoir révélé tous ses mystères, et
des faits étranges apparaissent périodiquement. L'on s'est aperçu, par
exemple, que si la mortalité cardio-vasculaire diminue, les morts
violentes augmentent chez les personnes qui suivent un traitement. Si
bien qu'après dix ans d'évolution, il n'est pas certain que le taux de
survie général se soit amélioré.
On ne connaît pas encore les raisons de cette mystérieuse
corrélation entre le cholestérol et la mort violente. Selon une
hypothèse émise par un chercheur américain dans une étude publiée en
1992, il serait possible que le traitement anti-cholestérol mobilise
les lipides du cerveau, ce qui serait à l'origine de comportements
violents. Il ne s'agit que d'une hypothèse pour l'instant, mais elle
montre bien la complexité du phénomène et, surtout, elle met en cause
des certitudes médicales et scientifiques enracinées depuis longtemps.