Le chèque
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Qu'est-ce qu'un chèque ?
Le chèque est un moyen de paiement par l'intermédiaire d'une
banque ou d'un établissement financier. Le tireur (personne qui
établit le chèque) donne l'ordre à un banquier (le tiré), de payer
une somme d'argent au bénéficiaire.
- Le chèque barré, délivré ordinairement gratuitement par la
banque, ne peut être encaissé par quelqu'un qui n'a ni compte
bancaire ni CCP puisqu'il n'est ni payable à vue, ni endossable.
- Le chèque non barré, taxé 5 F par l'État, peut être encaissé
par quiconque : il est payable à vue et sans délai à l'agence
locale d'où il provient ; il est endossable.
Les banques sont tenues de communiquer à l'Administration,
lorsque celle-ci le demande, les noms des clients qui détiennent des
formules de chèques non barrés.
Cas particuliers :
- chèque barré Banque de France : la mention Banque de France
écrite entre les deux barres parallèles faites à l'endroit du
chèque indique que ce chèque ne pourra être payé que par
l'intermédiaire de la Banque de France ;
- chèque visé : le visa du chèque par une banque a pour effet de
constater l'existence d'une provision au moment où il est donné ;
- chèque certifié : c'est une garantie très sûre de paiement :
la signature de la banque, à l'endroit du chèque, constate
l'existence de la provision et la bloque au profit du bénéficiaire
pendant 8 jours maximum ;
- chèque avalisé : l'aval est une garantie de paiement donnée
par un tiers. Pour avaliser un chèque : écrire à l'endroit " bon
pour aval " et signer. Le donneur d'aval engage ainsi sa
responsabilité ;
- chèque postdaté : il est interdit de faire un chèque en y
portant une fausse date. De plus, si le chèque est présenté avant
la date indiquée, il sera quand même payé par la banque (ou si
c'est impossible, considéré comme un chèque sans provision) ;
- chèque de voyage : ils sont émis pour un montant fixe dans une
monnaie déterminée (FF, DM, Euro ...). Ils sont signés par leur
titulaire au moment de l'achat et une seconde fois lors de leur
utilisation à l'étranger, ce qui évite qu'ils soient utilisés par
d'autres personnes.
Quel en est le délai de présentation ?
- Pour un chèque bancaire émis et payable en France : 1 an et 8
jours ;
- pour un chèque postal : 1 an (lettre chèque : 2 mois).
Si l'on reçoit un chèque et que l'on craint qu'il soit sans
provision, il est conseillé de le présenter très rapidement à
l'encaissement. En effet :
- un chèque de moins de 100 F est toujours payé par la banque
s'il est présenté dans un délai de 1 mois ;
- des poursuites pour non-paiement seront facilement engagées
contre l'auteur d'un chèque sans provision, si ce chèque a été
présenté à l'encaissement moins d'un mois après son émission.
Que faire en cas de perte ou vol ?
Si vous perdez votre carnet de chèques ou un chèque signé par
vous :
- de préférence, se rendre à la banque en donnant tous les
renseignements possibles (en particulier, les numéros du ou des
chèques : pour les retrouver, s'aider des derniers relevés) ;
- ou téléphoner puis, dans les plus brefs délais, envoyer une
lettre en recommandé avec AR donnant tous les renseignements et
comportant la formule : " je fais opposition... " ;
- ou envoyer un télégramme avec avis de réception.
On ne peut faire opposition à un chèque qu'en cas de perte ou de
vol du chèque (et non, par exemple, de la marchandise que l'on a
acquise par ce chèque) : remettre un chèque est en effet une
opération analogue à un paiement en espèces.
En cas de perte d'un chèque, il faut aviser dans les plus brefs
délais le signataire (ou sa banque en cas d'absence) afin qu'il
puisse faire opposition.
Le signataire est tenu d'établir un second chèque.
À noter : on peut signaler la perte ou le vol de chèques à la
Banque de France 24 heures/24, 7 jours/7 en composant le 08 36 68 32
08. Un moyen d'avertir les commerçants consultant le fichier des
chèques irréguliers.
Que se passe-t-il lorsque l'on reçoit un chèque sans provision ?
Procédure
La banque à laquelle a été remis le chèque le retourne, avec la
mention "impayé faute de provision". En même temps, elle adresse à
la personne qui a émis le chèque une injonction de régulariser sa
situation.
Tant que le débiteur (celui qui a émis le chèque) n'a pas
régularisé sa situation, il doit restituer à tous les banquiers dont
il est client les chéquiers en sa possession et il ne peut émettre
aucun chèque (à l'exception de chèques de retrait et de chèques
certifiés).
A défaut de régularisation dans les 30 jours, le créancier (la
personne qui a reçu le chèque) doit demander à sa banque un
certificat de non-paiement (attention, ce certificat doit être
délivré par le banquier dans les 15 jours suivant la demande du
bénéficiaire du chèque) ; ce certificat sera alors être notifié au
débiteur, par huissier : il vaut commandement de payer.
Si l'huissier ne reçoit pas le paiement du chèque, ainsi que
celui des frais, dans les 15 jours suivant la réception du
certificat de non-paiement, il délivre au créancier un titre
exécutoire lui permettant de faire saisir le débiteur.
Pénalités encourues par le débiteur
- Interdiction bancaire : elle s'applique tant que la
régularisation n'a pas été effectuée, avec une limite de 10 ans.
- Amende : une "pénalité libératoire" de 150 F est due au Trésor
public.
A signaler :
- Cette amende est doublée si trois incidents de paiement ont
déjà eu lieu dans les 12 mois précédents l'incident.
- Le débiteur peut en être exonéré si :
- la régularisation est intervenue dans les 30 jours de sa
première représentation ou si une provision a été constituée
dans ce même délai ;
- et s'il s'agit du 1er incident de paiement depuis les 12
derniers mois (toutefois, si plusieurs chèques sans provision
ont été émis, l'exonération peut s'appliquer, si tous ces
chèques ont été régularisés dans le mois suivant l'injonction
relative au 1er incident de paiement).
Tout versement effectué par le tireur sur le compte duquel a
été émis le chèque impayé est attribué en priorité au paiement
du chèque et non au paiement des frais bancaires liés à la
présentation du chèque.
Qui peut ouvrir un compte bancaire?
Toute personne a droit à l'ouverture d'un compte, lorsqu'elle
n'en a pas, dans l'établissement de crédit de son choix, à La Poste
ou au Trésor public. Ce droit existe également pour ceux qui sont
"interdits bancaires". En cas de refus, la Banque de France désigne
l'établissement bancaire qui devra ouvrir obligatoirement un compte.
Toutefois, les services bancaires offerts par l'établissement en
question peuvent être limités aux opérations de base : retrait,
dépôt, virement ainsi que possession d'une carte de retrait.
Pourquoi ouvrir un compte joint ?
Cela permet, sans formalité particulière, à deux ou plusieurs
personnes (associés, conjoints, concubins) de se servir du même
compte.
En cas de décès, le survivant peut continuer à se servir du
compte sans aucune formalité (alors que tout autre compte au nom du
défunt est bloqué, même si l'on avait une procuration dessus).
Attention : en cas de chèque sans provision émis par l'un
des titulaires du compte, l'interdiction d'émettre des chèques sur
le compte s'applique aux deux titulaires. Par conséquent, c'est
celui qui a émis le chèque qui sera considéré comme le responsable
de l'incident, même si c'est l'autre titulaire le véritable fautif.
Exemple : le 1er titulaire d'un compte émet un chèque alors que
le compte est, au moment de la signature, approvisionné ; le 2ème
titulaire retire de l'argent peu après (avant que le chèque soit
présenté), en sachant que cet argent manquera pour la provision du
chèque ; c'est malgré tout le 1er titulaire qui sera considéré comme
responsable : il sera donc interdit bancaire non seulement sur le
compte joint, mais également sur ses comptes personnels.
Mais il est possible de désigner à l'avance, à l'ouverture du
compte ou plus tard, à tout moment, celui qui assumera la
responsabilité en cas d'incident : il est conseillé de désigner
celui qui n'a pas de compte personnel.
Bon à savoir
Depuis le 1/1/99 il est possible d'obtenir de son banquier des
chéquiers en euros, pour effectuer ses achats en euros. Il n'est pas
nécessaire d'ouvrir un nouveau compte. Tout achat en euros peut être
débité sur un compte libellé en francs.
Décret-Loi du 30/10/1935, Loi du 3/10/1975,
Décrets du 10/1/1986 et du 30/1/1986, Loi du 30/12/91, Loi du
29/7/98.
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