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Le don d'organes, du sang et du corps

Les dons d'organes, du sang et du corps sont régis par des principes fondamentaux : la gratuité, le consentement préalable et l'anonymat, auxquels il faut ajouter deux garanties spécifiques : l'interdiction de la publicité et le respect d'exigences sanitaires.

Comment est réglementé le don d'organes ?

Le code de la santé publique distingue le prélèvement d'organes sur une personne vivante et le prélèvement sur une personne décédée.

    Le prélèvement d'organe sur une personne vivante :

Il n'est en principe autorisé que sur une personne majeure consentante, et lorsque le don est destiné à un proche parent. Il est interdit lorsqu'il s'agit d'un enfant ou d'une personne faisant l'objet d'une protection légale (tutelle, curatelle, sauvegarde de justice). Toutefois, le prélèvement de moelle osseuse est autorisé sur un enfant, avec l'accord de ses parents ou de son représentant légal et l'autorisation d'un comité d'experts lorsque le don est destiné à son frère ou à sa soeur. L'enfant ne doit cependant pas s'y opposer.

Le donneur majeur doit être informé, par le médecin responsable du service, des risques encourus et des éventuelles conséquences pour lui et pour le receveur. Il doit ensuite exprimer son consentement devant le président du tribunal de grande instance du lieu de sa résidence. Une copie de cet accord est adressée à l'établissement qui doit pratiquer le prélèvement.
Dans le cas d'un donneur mineur, les parents ou le représentant légal doivent également être informés des risques encourus, tout comme le mineur. Le consentement des titulaires de l'autorité parentale est exprimé devant le président du tribunal de grande instance et ensuite transmis à l'établissement chargé du prélèvement.

    Le prélèvement d'organe sur une personne décédée :

Le prélèvement d'organes est autorisé sur une personne décédée si celle-ci n'a pas fait savoir de son vivant qu'elle y était opposée.

Plusieurs conditions doivent être respectées :

– le prélèvement ne peut avoir lieu que si le certificat de décès a été établi ;

– le prélèvement doit se faire à des fins thérapeutiques ou scientifiques ;

– les médecins ayant constaté le décès et ceux qui effectuent le prélèvement ou la transplantation ne doivent appartenir ni aux mêmes services, ni aux mêmes unités fonctionnelles ;

– les médecins ayant effectué le prélèvement doivent procéder à une restauration décente du corps du défunt.


Quelles sont les règles applicables au don du sang ?

    Le don du sang est soumis aux principes du bénévolat, de l'anonymat et de l'absence de profit.

    La collecte du sang ne peut être faite que par des établissements de transfusion sanguine agréés.

    Le prélèvement ne peut être fait qu'avec le consentement du donneur par un médecin ou sous sa direction et sa responsabilité.

    Le don du sang ne peut entraîner aucune rémunération directe ou indirecte (bons de réduction pour des achats par exemple). Toutefois, le donneur peut recevoir une collation ainsi que le remboursement des frais de transport directement lié au don.

    Les mineurs et les majeurs faisant l'objet d'une mesure de protection légale ne peuvent subir de prélèvement de sang, sauf exceptionnellement, en cas d'urgence thérapeutique.


Comment faire don de son corps ?

    Pour faire don de son corps à la science, il faut s'adresser à la faculté de médecine la plus proche de son domicile ou encore à la Fédération française des donneurs d'organes, B.P. 35, 75462 Paris Cedex 10. Dans les deux cas, le donateur devra rédiger une déclaration de don, manuscrite, datée et signée.

    Une carte de donneur est remise à l'intéressé qui doit la conserver avec lui durant toute sa vie.

    Une faculté de médecine peut toujours refuser le don d'un corps si elle n'en a pas l'utilisation.

A noter

L'âge limite des prélèvements pour greffe est en général de 55 ans.

Pour faire don de ses yeux, il n'y a pas de limite d'âge.

A signaler

Le salarié qui s'absente de son travail pour faire don de son sang ne doit pas être pénalisé par son employeur et doit recevoir la rémunération correspondant au temps nécessaire pour se rendre sur le lieu du prélèvement, faire don de son sang et retourner à son lieu de travail.

Code de la santé publique : Art. L. 665-10 s.

Extraits du code de la santé publique :

    Le prélèvement d'éléments du corps humain et la collecte de ses produits ne peuvent être pratiqués sans le consentement préalable du donneur. Ce consentement est révocable à tout moment.
    Est interdite la publicité en faveur d'un don d'éléments ou de produits du corps humain au profit d'une personne déterminée ou au profit d'un établissement ou organisme déterminé. Cette interdiction ne fait pas obstacle à l'information du public en faveur du don d'éléments et produits du corps humain.

Cette information est réalisée sous la responsabilité du ministre chargé de la santé.

    Aucun paiement, quelle qu'en soit la forme, ne peut être alloué à celui qui se prête au prélèvement d'éléments de son corps ou à la collecte de ses produits. Seul peut intervenir, le cas échéant, le remboursement des frais engagés selon des modalités fixées par décret en Conseil d'Etat.
    Le donneur ne peut connaître l'identité du receveur, ni le receveur celle du donneur. Aucune information permettant d'identifier à la fois celui qui a fait don d'un élément ou d'un produit de son corps et celui qui l'a reçu ne peut être divulguée.

Il ne peut être dérogé à ce principe d'anonymat qu'en cas de nécessité thérapeutique.