Qu'est-ce qu'une caution ?
Etre caution pour une personne (on dit aussi se porter caution,
ou donner sa caution), c'est s'engager à payer à sa place, si le
débiteur ne s'acquittait pas de ses obligations auprès de ses
créanciers (paiement d'un loyer, remboursement d'un prêt...).
La caution doit être solvable (c'est-à-dire avoir suffisamment de
biens personnels pour pouvoir payer les dettes).
Qui peut être caution ?
Toute personne " capable ", au sens juridique du terme,
c'est-à-dire majeure (ou mineure émancipée), n'étant ni en tutelle
ni en curatelle, et possédant toutes ses facultés mentales.
Comment se porte-t-on caution ?
On ne peut pas le faire verbalement : le cautionnement n'aurait
aucune valeur juridique. Il faut obligatoirement un acte écrit,
appelé acte (ou contrat) de cautionnement, signé par la caution. La
signature par un moyen électronique, au lieu d'une signature
manuscrite de la caution, est désormais valable.
Cet acte doit faire état de toutes les sommes (en chiffres et en
lettres) qui sont déterminables au jour de l'établissement de la
caution.
Que se passe-t-il lorsque la personne que l'on cautionne ne règle
pas ses dettes ?
La situation est légèrement différente, selon les mentions qui
figurent sur l'acte de caution.
Caution simple ou caution solidaire :
- Si ne figure pas la mention " caution solidaire ", il s'agit
d'une caution simple : la caution peut demander au créancier de
poursuivre d'abord le débiteur (la personne pour qui on s'est
porté caution), par une procédure de saisie mobilière ou sur
salaire , par exemple. Ce n'est que si les poursuites sont
insuffisantes que la caution est alors poursuivie.
- La mention " caution solidaire " figure sur l'acte : le
créancier est, dans ce cas, libre de poursuivre d'abord le
débiteur, ou seulement la caution, ou les deux à la fois. Par
ailleurs, s'il y a plusieurs cautions, le créancier peut ne se
retourner que sur une seule des cautions, celle qui lui paraît la
plus solvable, et non pas chacune d'entre elles ; autrement dit,
la caution poursuivie paiera pour toutes les autres, d'où le terme
" caution solidaire ".
Engagement limité à une certaine somme ou non :
- Le cautionnement est donné pour une somme déterminée
(attention, pour que le cautionnement soit valable, la somme doit
être inscrite non seulement en chiffres, mais aussi en toutes
lettres) : la caution ne peut être poursuivie que pour le montant
indiqué, même si la dette du débiteur est supérieure.
- Le cautionnement est donné pour une somme indéterminée
(exemple : caution pour toutes les sommes que la personne
cautionnée pourra devoir à son banquier) : le créancier peut
réclamer à la caution le paiement de la totalité des dettes, y
compris les intérêts et sommes accessoires (exemple : l'indemnité
d'occupation d'un locataire qui habite toujours l'appartement dont
le bail a été résilié pour non-paiement du loyer).
Engagement limité à une durée précise ou pas :
- Le cautionnement est pour une durée précise (exemple : pour un
bail de 3 ans, pour la durée d'un prêt...) : le créancier ne peut
pas poursuivre la caution au-delà de cette période.
- Le cautionnement est à durée illimitée (c'est souvent le cas
pour un dirigeant d'une société qui se porte caution pour la
société) : le créancier peut poursuivre la caution tant que la
dette n'est pas réglée.
Comment la caution est-elle protégée ?
- Le créancier est tenu d'informer la caution, personne
physique, une fois par an, de l'évolution du montant de la créance
garantie et des frais et pénalités. S'il oublie de le faire, la
caution n'est pas tenue de garantir les frais et pénalités liés à
la dette.
- Le créancier professionnel doit avertir la caution, dès le
premier impayé non régularisé, et ce dans le mois qui suit. Sinon,
la caution n'a pas à payer les pénalités de retard concernant la
période comprise entre le premier impayé et la date à laquelle
elle en a été informée.
- Si la commission de surendettement est saisie par le débiteur,
elle doit informer la caution de la procédure et permettre à
celle-ci de présenter ses remarques.
- Si la caution règle la dette à la place du débiteur, elle est
assurée de conserver un minimum de ressources (au moins égal au
montant du RMI majoré de 50 % en cas de ménage) qui ne pourront
être saisies par le créancier.
Comment la caution peut-elle se défendre ?
Recours contre le créancier :
- La caution peut faire annuler l'acte de cautionnement s'il
n'est pas conforme (exemple : si le montant de la somme n'apparaît
pas en toutes lettres).
- En cas de caution simple, la caution peut exiger :
- le " bénéfice de discussion ", en demandant au créancier de
poursuivre d'abord le débiteur ;
- le " bénéfice de division ", en demandant au créancier, s'il
y a plusieurs cautions, de réduire l'action dirigée contre elle
à la part de chaque caution (par exemple, si la dette s'élève à
100 000 F et qu'il y a 2 cautions, la personne poursuivie peut
demander au créancier de n'être attaquée que pour 50 000 F).
Dans tous les cas, il est possible de demander des délais de
paiement, à l'amiable, ou par voie de justice.
Recours contre le débiteur :
- Recours " subrogatoire " : la caution peut réclamer au
débiteur la somme qu'il devait et que la caution a payée au
créancier, en se mettant à la place de ce dernier (c'est ce que
l'on appelle la subrogation). La caution a tous les droits
qu'avait le créancier contre le débiteur. Par exemple, si le
débiteur avait consenti une hypothèque au créancier, la caution
bénéficie à son tour de l'hypothèque et peut donc faire vendre le
bien hypothéqué, pour se rembourser.
- Recours personnel : la caution peut poursuivre le débiteur
pour récupérer, non seulement la somme réglée au créancier, mais
aussi tous les intérêts et frais engagés. Elle peut également
demander des dommages et intérêts.
La caution doit prévenir le débiteur qu'elle a payé sa dette, car
si celui-ci la paie à son tour, la caution ne pourra pas se
retourner contre lui.
Quelles sont les règles particulières en matière de crédit
immobilier ?
- Un exemplaire de l'offre écrite préalable doit être remis à la
caution.
- La caution dispose d'un délai de rétractation de 7 jours pour
le crédit à la consommation, et d'un délai de réflexion de 10
jours pour un crédit immobilier.
- Dès le premier incident de paiement (pouvant être inscrit au
fichier national des incidents de paiement) la caution doit être
informée. A défaut, elle n'est pas tenue de payer les intérêts de
retard.
A noter : dans les rapports de la caution avec la banque,
les paiements effectués par le débiteur doivent être
prioritairement affectés au règlement du principal de la dette et
non imputés sur les intérêts.
Bon à savoir
- En cas de cautionnement pour une durée indéterminée, la caution
peut toujours résilier son engagement, en avertissant simplement le
créancier. En matière de location, l'engagement ne pourra cesser
qu'à la fin du bail au cours duquel le bailleur est informé de la
résiliation.
- En cas de décès de la caution :
Si le cautionnement est déterminé, il se transmet aux héritiers
(sauf s'il est précisé dans le contrat que l'engagement s'éteindra
lors du décès).
Si le cautionnement est indéterminé, les héritiers ne sont
responsables que des dettes antérieures au décès.
Code civil : Art. 2011 s. , Code com : Art.L.
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