La biopsie consiste à prélever un fragment d'organe pour l'analyser en
laboratoire. C'est un geste facile lorsque l'organe concerné est
directement accessible.
Une biopsie de
peau, souvent très utile pour connaître le diagnostic précis d'une
maladie, est une intervention anodine, qui peut être réalisée dans le
cabinet du spécialiste sous anesthésie locale.
La biopsie de
l'artère temporale, artère que l'on sent battre sous les doigts au
niveau des tempes, s'effectue aussi aisément. L'analyse du petit
fragment prélevé confirme, s'il y a lieu, le diagnostic suspecté
cliniquement : celui de la maladie de Horton, maladie nécessitant un
traitement urgent.
La biopsie de
moelle est utile pour étudier le système sanguin et mettre parfois en
évidence une production accrue ou, au contraire, une raréfaction des "
cellules souches ", qui y siègent, et servent à produire les cellules
du sang circulant. Elle peut s'effectuer par ponction sternale : après
anesthésie locale, une grosse aiguille est introduite dans la partie
haute du sternum, permettant l'aspiration de la moelle, ensuite étalée
sur des lames pour être analysée.
Elle peut aussi être réalisée par biopsie osseuse : après
anesthésie locale profonde, une grosse aiguille, ou " trocart ", est
enfoncée dans l'os de la hanche (l'os iliaque), permettant de prélever
un fragment d'os et donc d'étudier, en plus de la moelle, la structure
osseuse.
La biopsie
extemporanée : il est fréquent qu'une biopsie nécessite une
intervention chirurgicale sous anesthésie générale, lorsque l'organe
malade est inaccessible directement. Certains médecins préfèrent
alors, avec l'accord du malade, effectuer la biopsie et attendre le
résultat de l'analyse en salle d'opération, puis entreprendre
l'opération proprement dite, si les résultats de la biopsie
l'imposent. La biopsie extemporanée a l'avantage d'éviter une deuxième
intervention et de gagner du temps dans la conduite du traitement. Une
biopsie cutanée ou de l'artère temporale est un geste tout à fait
bénin et indolore sous anesthésie locale. Il est toutefois important
de suivre les recommandations données par l'opérateur, notamment en ce
qui concerne les bains (on ne doit pas, en principe, mouiller la
cicatrice pendant quelques jours) et la date d'ablation des fils. La
biopsie osseuse est, quant à elle, légèrement douloureuse, malgré
l'anesthésie. Le malade est habituellement hospitalisé et la
surveillance effectuée par le personnel soignant.
[P] La fibroscopie permet également de réaliser des biopsies
profondes sans intervention chirurgicale. Si, par exemple, vous
souffrez d'un ulcère de l'estomac, le médecin peut l'examiner à l'aide
d'un fibroscope, mais il peut également effectuer une biopsie des
bords de l'ulcère, ce qui, le cas échéant, permet de dresser un
diagnostic de cancer. On peut réaliser la même opération pour le côlon
et pratiquer des biopsies à tous les étages, du rectum et du sigmo de
au côlon droit. Ces biopsies étaient impossibles à effectuer avant
l'invention du fibroscope, et les symptômes digestifs exigeaient de
pratiquer systématiquement une laparotomie - une ouverture de
l'abdomen -, uniquement pour voir ce qui se passait (quand les
radiographies du tube digestif n'apportaient pas d'arguments
convaincants sur la bénignité ou la malignité d'une lésion).
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