L'aide juridictionnelle est destinée à soutenir ceux
qui n'ont pas la possibilité d'assurer financièrement les frais d'un
procès.
Qui peut en bénéficier ?
- Toute personne souhaitant agir en justice :
- de nationalité française ou, si elle est étrangère, soit
ressortissante d'un pays de l'Union européenne, soit résidente en
France (des exceptions sont toutefois prévues pour certains
étrangers non résidents, notamment les mineurs) ;
- disposant de ressources inférieures à un plafond.
Les revenus pris en compte sont les revenus de toute nature
(salaires, pensions, revenus locatifs...) à l'exception des
prestations familiales, des éléments extérieurs du train de vie, des
biens meubles et immeubles (exceptée la résidence principale) et des
revenus du conjoint (sauf en cas de procédure de divorce) et ceux
des personnes vivant sous le même toit.
A noter : les personnes percevant le RMI ou l'allocation
supplémentaire (FNS) n'ont pas à justifier de leurs revenus.
- Toute personne qui souhaite régler un litige avant toute
procédure contentieuse.
Quel est l'avantage ?
L'aide juridictionnelle peut être totale ou partielle, selon les
revenus
Aide totale
Prise en charge par l'État de tous les frais de justice :
- dépenses relatives au concours d'auxiliaires de justice
(honoraires d'avocat, frais d'huissier, de notaire...) ;
- frais afférents aux instances, procédures, actes ;
- frais liés aux mesures d'instruction ;
- droits et taxes.
A signaler : même quand l'assistance d'un avocat n'est pas
obligatoire (pour une procédure devant le tribunal d'instance par
exemple), les honoraires de l'avocat sont pris en charge.
Aide partielle
L'État prend en charge tous les frais, à l'exception de la
totalité de la rétribution des auxiliaires de justice. La
rémunération de ces derniers se décompose ainsi :
- une indemnisation versée par l'État ;
- un " honoraire complémentaire " versé par le bénéficiaire de
l'aide, librement négocié sur la base d'une convention écrite
préalable.
Le montant de cet honoraire, qui est donc la seule dépense à la
charge du bénéficiaire de l'aide partielle, dépend de la complexité
de l'affaire, des frais imposés par la nature de l'affaire, et des
ressources du bénéficiaire.
L'aide juridictionnelle, totale ou partielle, s'applique :
- en matière gracieuse (exemple : changement de régime
matrimonial), ou contentieuse (toute procédure opposant deux
personnes) ;
- en demande, ou en défense (le bénéficiaire de l'aide peut être
soit la personne qui attaque soit celle qui se défend) ;
- devant toutes les juridictions (civiles, pénales,
administratives) ;
- pour tout ou partie de l'instance, y compris pour l'exercice
des voies de recours ;
- pour régler un litige, en parvenant à une transaction, avant
l'introduction d'une procédure aussi bien en matière civile,
sociale, commerciale que pour les litiges administratifs.
Comment l'obtenir ?
- Retirer le dossier de demande de l'aide avec l'imprimé de
déclaration de ressources à la mairie ou au bureau d'accueil du
tribunal.
- Déposer le dossier rempli au bureau d'aide juridictionnelle
siégeant au tribunal de grande instance de son domicile (pour les
affaires soumises à la Cour de cassation ou au Conseil d'État, la
demande doit être déposée au bureau particulier de ces
juridictions).
- Les personnes sans domicile fixe peuvent prétendre à l'aide
juridictionnelle en adressant leur demande au bureau d'aide
juridictionnelle dans le ressort duquel se trouve l'organisme
d'accueil choisi par elles.
A signaler : la demande peut être faite avant ou pendant
le procès.
Bon à savoir
L'aide peut-être totalement ou partiellement retirée par le bureau
qui l'a accordée si :
- la procédure engagée a été jugée dilatoire ou abusive ;
- le bénéficiaire obtient, en cours de procédure ou
d'accomplissement des démarches, des ressources qui l'auraient
empêché de bénéficier de l'aide si elles avaient existé lors de sa
demande ;
- le bénéficiaire obtient, lorsque la décision est définitive, des
avantages financiers qui l'auraient empêché de bénéficier de l'aide
s'ils avaient existé lors de sa demande.
Dans ce cas, l'avocat peut demander des honoraires à son client
lorsque le bureau d'aide juridictionnelle a prononcé le retrait de
l'aide.
Loi du 18/12/98
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