Aides aux personnes surendettées
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Quels sont les avantages ?
Les personnes qui ont de sérieuses difficultés à rembourser leurs
dettes peuvent bénéficier de la " procédure de redressement des
situations de surendettement ", mise en place en mars 1990, réformée
en 1995, puis par la loi du 29/7/98.
Qui peut en bénéficier ?
Toute personne :
- physique (c'est-à-dire les particuliers : sont donc exclues
les entreprises et les exploitations agricoles), de bonne foi qui
en fait la demande ;
- dans l'impossibilité de faire face à l'ensemble de ses dettes
non professionnelles.
Comment se déroule la procédure ?
Une commission étudie d'abord l'état d'endettement du débiteur,
en fonction des indications de ce dernier. Elle peut se renseigner
auprès des administrations publiques, établissements de crédit,
services chargés de centraliser les risques bancaires et les
incidents de paiement. Elle peut aussi faire effectuer des enquêtes
sociales.
Les créanciers ont 30 jours et le débiteur 20 jours pour
contester l'état d'endettement ainsi analysé.
A noter : durant la mise en place du plan conventionnel de
redressement, les procédures d'exécution peuvent être suspendues
(sauf s'il s'agit de dettes alimentaires) pour une durée d'1 an
maximum.
La commission essaie ensuite de régler à l'amiable la situation
d'endettement, en parvenant à élaborer un " plan conventionnel de
redressement ".
Que se passe-t-il ensuite ?
Deux cas peuvent se présenter :
- Un plan conventionnel de redressement est conclu entre le
débiteur et ses créanciers. Il peut prévoir des mesures telles que
:
- la remise, le report ou le rééchelonnement des dettes ;
- la réduction ou même la suppression des taux d'intérêt ;
- la consolidation, la création ou la modification de la
garantie qu'avait donnée le débiteur.
- Le plan conventionnel de redressement n'a pas pu être mis en
place ou a échoué.
En cas d'échec de la conciliation, la commission en informe le
débiteur et les créanciers. Elle peut, à la demande du débiteur,
recommander des mesures de redressement qui ne s'appliquent que
lorsque le juge les a approuvées. Il est possible de décider de :
- rééchelonner le paiement des dettes (autres que fiscales,
parafiscales ou envers les organismes de Sécurité sociale) sans
que cette mesure puisse excéder 8 ans (au lieu de 5) ou la
moitié de la durée de remboursement qui reste à courir pour les
emprunts en cours ;
- fixer un taux d'intérêt réduit, pouvant être inférieur au
taux d'intérêt légal, pour les échéances rééchelonnées ;
- réduire les prêts immobiliers restant dus en cas de vente du
logement principal ;
- imputer les paiements d'abord sur le capital...
En cas d'insolvabilité totale du débiteur (le plan de
redressement étant impossible), la commission peut recommander la
suspension pour 3 ans maximum de toutes les dettes (sauf fiscales
et alimentaires) et la suspension du paiement des intérêts. Si le
débiteur est toujours insolvable après cette période, l'effacement
partiel ou total des dettes peut être envisagé, dans certains cas.
A noter : les dettes fiscales peuvent faire l'objet d'une
remise totale ou partielle à titre gracieux, sur demande du
débiteur à l'administration fiscale.
Pour contester les recommandations de la commission, les
créanciers doivent, dans les 15 jours de leur notification,
déposer un recours au greffe du juge de l'exécution. Le juge
vérifie toujours les propositions d'effacement des dettes et leur
donne force exécutoire.
Attention : la loi ne s'applique pas aux débiteurs qui auront,
pendant ou après les procédures, organisé sciemment leur
insolvabilité, fait de fausses déclarations, détourné ou dissimulé
une partie de leurs biens, ou aggravé leur situation.
Où s'adresser ?
A la Banque de France de sa région, qui adressera le dossier à la
" commission d'examen des situations de surendettement des
particuliers ".
A Paris, on peut aussi s'adresser au Secrétariat de la Commission
de Surendettement, en téléphonant au 01. 49.54.27.27.
Comment protéger le logement principal ?
Les personnes surendettées disposent de nouveaux moyens de lutte
en cas de vente forcée de leur logement principal.
- Le débiteur doit être très précisément informé. Le
commandement à payer doit préciser (sous peine de nullité pour les
trois premiers points) que :
- le débiteur peut saisir la commission de surendettement ;
- le débiteur peut bénéficier de l'aide juridictionnelle ;
- le montant de la mise à prix du logement fixé par le
créancier peut être contesté ;
- le débiteur peut demander la conversion de la saisie en
vente volontaire.
- La contestation de la mise à prix du bien doit être faite
devant le tribunal de grande instance. Si le prix est modifié et
s'il n'y a pas d'enchères, le bien est remis en vente en baissant
successivement le prix fixé par le juge.
- La commission de surendettement peut demander la suspension de
la procédure de saisie du bien pendant toute la durée de la
procédure devant la commission et pour un délai maximum de 1 an.
A noter : la commune où se situe le logement peut exercer
un droit de préemption sur l'immeuble saisi afin d'assurer le
maintien du débiteur dans son logement. Cette possibilité est
ouverte à la mairie si le débiteur remplit les conditions de
ressources pour l'attribution d'un logement HLM.
Bon à savoir
Toute personne, dont les biens et ressources sont saisis, doit
conserver une somme au minimum égale au RMI.
C. consom. : Art. L. 331-1 s. ; Loi du
23/1/1998 et du 29/7/98
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