| Ces deux premières sources d'énergie, employées pour les efforts
courts et intenses, n'ont pas besoin d'oxygène pour se mobiliser. On
dit qu'elles sont anaérobies. Un effort plus prolongé, qui dure plus
de quarante secondes, use d'une troisième voie métabolique, qui, elle,
exige de l'oxygène, et est appelée, pour cette raison, aérobie.
Ce troisième réservoir, auquel l'on recourt pour les efforts longs,
comme les courses de fond ou le marathon, naît de la combustion de
l'acide pyruvique (qui, comme nous l'avons vu, provient de la
dégradation du glycogène) et des acides gras, en provenance des
graisses accumulées dans l'organisme. Les acides aminés et les
protéines sont très peu utilisés comme source d'énergie.
Le muscle dispose ainsi d'un équipement énergétique sophistiqué,
adapté à la nature de chaque effort musculaire, fonctionnant un peu
comme une automobile qui aurait en permanence à sa disposition des
carburants différents selon l'effort demandé (démarrage, course en
ville, parcours long, etc.)
Pour utiliser ces carburants, les fibres musculaires sont équipées
différemment : on distingue en effet les fibres lentes, dites de type
1, qui emploient surtout la voie aérobie. On les reconnaît au
microscope, car elles ont de nombreuses mitochondries,
micro-organismes intracellulaires où se réalise la réaction de
combustion aérobie des graisses de l'organisme. Et, en second lieu, on
distingue les fibres rapides, dites de type 2B, qui utilisent
essentiellement la voie anaérobie. Les fibres de type 2A ont des
caractéristiques intermédiaires et recourent aux deux méthodes
d'approvisionnement en énergie.
La répartition de ces types de fibres varie d'un muscle à l'autre.
Les fibres lentes, plus vascularisées et qui contiennent davantage de
graisses (triglycérides) et de myoglobine (une molécule qui fixe
l'oxygène du sang et donne au muscle sa couleur rouge
caractéristique), sont par exemple plus nombreuses dans les muscles
extenseurs du pied comme le soléaire (dans le mollet) que dans les
muscles fléchisseurs. Il y a également une variation importante selon
les individus et le type de sport pratiqué. Un sprinter développera
davantage ses fibres rapides, anaérobies, tandis qu'un marathonien,
habitué des efforts de longue durée, développera surtout ses fibres
lentes. |